Expédition au site archéologique de Nisula

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L’énigme des peintures rupestres

Le 16 février dernier, Levin Castillo-Guimond, géo., chef de pratique hyperspectrale et géomatisation, s’est rendu au nord de Forestville pour collaborer à un projet de recherche des plus captivants sur les peintures rupestres du site archéologique de Nisula. Sous la direction du professeur Paul Bédard de l’Université du Québec à Chicoutimi, cette initiative a rassemblé une équipe multidisciplinaire composée d’Adelphine Bonneau de l’Université de Sherbrooke et de Ségolène Vandevelde1, archéologue française de la Préhistoire.

La mission

L’objectif principal de ce projet, nommé “DARQ : Dater l’Art Rupestre au Québec”, est de résoudre l’énigme de l’âge des peintures rupestres, l’une des plus anciennes formes d’expression artistique humaine. Cette tâche s’avère complexe, car les techniques conventionnelles de datation en archéologie ou en géologie sont souvent inapplicables, faute d’éléments tels que des éléments radioactifs ou des défauts électroniques sensibles à la lumière.

Une nouvelle méthodologie

Pour surmonter cet obstacle, le projet DARQ propose une méthodologie innovante en plusieurs étapes. Tout d’abord, il comprend l’étude de la provenance et de la préparation des peintures. Ensuite, l’analyse des encroûtement siliceux qui fossilisent les peintures vise à identifier différentes phases de créations graphiques, et à étudier finement la temporalité de création de ces sites d’art rupestre. Il repose aussi sur l’analyse des halos de dommages radioactifs au sein des quartz, une approche novatrice permettant de tirer des informations précieuses sur l’âge des peintures. Enfin, le projet inclut l’extraction de carbone sous plasma d’oxygène (ECPO), une méthode avancée visant à fournir des données de datation plus précises.

L’hyperspectral au service de l’histoire

L’utilisation de techniques de pointe telles que l’hyperspectral et l’analyse des halos de dommages radioactifs marque un tournant dans l’étude de l’art rupestre au Québec. Ces méthodes permettent non seulement d’appréhender l’histoire et la signification des peintures rupestres de Nisula, mais également d’ouvrir de nouvelles perspectives sur l’évolution de l’art et de la culture humaine dans cette région.

Financé par le Fonds de recherche du Québec, ce projet représente une collaboration remarquable entre institutions académiques et centres de recherche, illustrant l’importance de la coopération interdisciplinaire dans la recherche scientifique. Les résultats de cette étude promettent d’éclairer notre compréhension de l’art rupestre et de son contexte historique, tout en offrant des perspectives fascinantes sur le passé du Québec.

1Ségolène Vandevelde est une archéologue française de la Préhistoire. Elle s’est fait connaître pour avoir développé la fuliginochronologie, l’étude des dépôts de suie dans un lieu, une grotte par exemple, pour déterminer la chronologie des différentes occupations humaines de ce lieu. Écoutez son entrevue à l’émission Moteur de recherche.

Pour en savoir plus sur le projet DARQ  Cliquez ici  

 

 

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